Elima, c'est qui?

Name: Elima

Sunday, November 04, 2007

L'Homme et le Faire

L’Homme, le MUNTU, est celui qui est sur le trône. C’est le fils du divin et l’héritier de la création. Il ne faut pas penser ici à un fils en particulier. Quiconque se reconnaît dans sa divinité, la proclame et la vit, est fils ou fille du divin. Mais aussi quiconque ne se reconnaît pas dans sa divinité, ne la proclame, ni ne la vit, l’est également.
La différence ne réside que sur le plan de la conscience. L’un le sait, et l’autre ne le sait pas. Ceci ne veut en aucun cas dire que celui qui ne sait pas est exclu de l’amour divin. Nenni.
Il continuera à jouir des mêmes privilèges que celui qui sait. La différence est que l’un en jouit tout en le sachant, et que l’autre en jouit sans le savoir. L’un mange une mangue en sachant ce que c’est qu’une mangue, sa provenance, etc… Et l’autre ne mange qu’un fruit, se délecte de sa saveur, et se cale tout simplement le ventre. L’un est dans la gratitude, et dans la consommation, l’autre n’est que dans la consommation.
Faire, c’est réaliser par son travail, par son action. Il y a du volontarisme. Ceci n’est pas une mauvaise chose. Le tout est de savoir ce que l’on fait. Faire pour faire, il n’y a rien de plus débile que cela. Faire pour sa satisfaction personnelle ? Pourquoi pas. En vérité, quand on fait réellement quelque chose de vraiment bien pour soi, ça l’est souvent pour quelqu’un d’autre aussi. Autant le savoir dès le départ, ça évite des détours inutiles. Faire pour une satisfaction collective ? Bonne idée. Mais si l’on veut sauver le monde en s’oubliant soi-même, je ne crois pas que cela puisse être vraiment bénéfique. Alors que faire ?
L’Homme, le Muntu, est un état d’être. Il se suffit à lui-même. Il n’a pas à vouloir être autre chose que ce qu’il est. L’Homme, le Muntu, ne fait pas. Il proclame ce qu’il est, et vit l’expérience de ce qu’il est. Si il y a une façon pour l’Homme de faire, c’est évidemment celle-ci. L’Homme est d’abord ce dont il envisage la manifestation. Il est cela et appelle à ce que cela soit. Il est le témoignage de ce qu’il est. C’est par la puissance d’être, que les choses se font. Non, l’Homme ne fait pas. Mais c’est par lui que les choses se font. L’Homme n’agit pas, mais c’est à travers lui que les choses se meuvent. L’Homme ne change rien, mais c’est grâce à lui que les choses changent.
Kosala (Faire) devrait être comme Losala (Plume). Pas pesant, pas lourd, moins dense. Léger comme une plume. Faire sans faire, il n’y a que le plaisir et la joie qui subsistent. C’est un acte de sexualité. C’est la sexualité même. On est absorbé dans le plaisir, et à travers ce plaisir on crée. Telle est la relation entre l’Homme et le Faire.

Wednesday, October 31, 2007

Sourire

En Lingala, on dit de sourire : KOSEKA. Si on veut comprendre ce mot, y attardons nous un peu. Dans KOSEKA, nous avons SE, qui se traduit par « seulement ». Le même mot, tire son origine de NSE, qui veut dire «la terre». Ensuite nous avons le mot KA qui représente notre moi individuel. Ainsi KOSEKA peut-être compris de deux manières, qui en fait n’expriment qu’une seule même chose.
Remontons à notre naissance. Quand l’enfant nait, sa première réaction, en général je le précise, c’est de pleurer. Pourquoi pleure t-il ? A cause de son immersion dans l’inconnu. Nous savons tous comment le premier pas est toujours difficile. Et pendant ce temps, qu’est ce qui se passe autour de lui ? Un attroupement de gens. Des gens qui sourient. Ils sourient puisqu’ils sont contents dirait-on. Ceci est vrai. Et en même temps, on peut avoir dans le tas, certains qui pleurent. On dit aussi qu’ils pleurent puisqu’ils sont contents. Ceci est vrai aussi. Donc on a l’enfant qui pleure par peur de l’inconnu, d’un côté les uns qui sourient de bonheur, et de l’autre côté ceux qui pleurent de bonheur.
Ceci nous place en pleine complexité de l’être sur terre. Ceux qui rient essaient de dire à l’enfant : « regarde petit(e) comment on est heureux que tu sois venu(e) parmi nous. On va s’occuper de toi. Tu verras. Tout ira bien. Alors ne pleure pas ». Ces gens ont l’expérience de leur propre vie. Ils savent bien que les choses ne sont pas si simples que ça. Alors les pleurs de l’enfant gâtent la fête. Ils les renvoient dans leur propre peur et frustration. Pour conjurer le sort, ils rient. Ceux qui pleurent de bonheur, essaient de conjurer le sort à leur manière. Ils disent à l’enfant : « Vas y pleure petit(e). Regarde, nous aussi nous pleurons. On voit déjà tout ce que tu vas endurer. Mais tiens bon. Courage. »
Aux uns et aux autres, l’enfant fait revivre tous leurs espoirs engloutis, les renvoie à leur plus noble sentiment, celui d’être les enfants de la vie. Car malgré tout, ils vivent tous avec un sentiment amer en travers de l’estomac. Celui d’avoir perdu quelque chose en cours de route. Quelque chose de précieux dont le souvenir vague plane encore au-dessus d’eux. L’enfant qui naît les reconnecte avec ce souvenir : enfants de la vie. Et les pleurs les ramènent dans leur expérience actuelle : la douleur.
NSE-KA, est donc l’arme que dispose le moi individuel ou l’individualité pour faire face à la dualité de la vie sur terre. Ainsi est-on amené à rire, non vraiment pour rendre les autres heureux, ou pour démontrer qu’on est heureux, mais pour dire à cette dualité : « je te vois, je t’accepte. Reste-là si tu le veux. Mais moi j’ai encore des tas de choses à vivre ». De ce sourire-là, se nourrit l’enfant de la vie. Et en se nourrissant, il nourrit tout ce qui l’approche.
Laissons cet enfant de la vie sourire (ASEKA). Qu’il soit ce qu’il est : innocence, spontanéité. C’est le cadeau que lui a donné la vie. Il sourit puisqu’ il a de l’appétit. Pas pour autre chose. Et il sait qu’il a très peu de temps pour dévorer toute cette abondance. Alors VIVE LE SOURIRE. Voilà une bonne manière de faire tourner la dualité de la vie sur terre en bourrique.

ELIMA

Tuesday, September 04, 2007

Stages d'Ancrage- Saison 2007-2008

STAGES D’ANCRAGE PAR LA DANSE AFRICAINE
ANIMES PAR ELIMA
SAISON 2007-2008



A PARIS /A BOURG-EN-BRESSE / A LYON
Centre Alésia Studio D / Contact : Monique / Contact : Delphine
119 Av. du Général Leclerc / 04.74.30.49. 64 / 04.78.27.34.23
14ème M° Porte d’Orléans / / 06.31.83.18.25
01.45.43.56.57 /


2007 :
Dimanche 02 Septembre : Bourg-en-Bresse
Dimanche 09 Septembre : Lyon
Dimanche 29 Septembre : Bourg-en-Bresse
Dimanche 30 Septembre : Paris de 13h à 19h
Dimanche 14 Octobre : Lyon
Dimanche 28 Octobre : Paris de 13h à 19h
Dimanche 11 Novembre : Paris de 13h à 19h
Dimanche 18 Novembre : Lyon
Dimanche 25 Novembre : Bourg-en-Bresse
Dimanche 9 Décembre : Lyon
Dimanche 16 Décembre : Bourg-en-Bresse

2008 :
Dimanche 06 Janvier : Bourg-en-Bresse
Dimanche 13 Janvier : Lyon
Dimanche 27 Janvier : Paris de 13h à 19h
Dimanche 10 Février : Lyon
Dimanche 24 Février : Paris de 13h à 19h
Dimanche 9 Mars : Lyon
Dimanche 30 Mars : Paris de 13h à 19h
Dimanche 13 Avril : Lyon
Dimanche 27 Avril : Paris de 13h à 19h
Dimanche 11 Mai : Lyon
Dimanche 25 Mai : Paris de 13h à 19h
Dimanche 8 Juin : Lyon
Dimanche 29 Juin : Paris de 13h à 19h

Monday, November 13, 2006

LA TECHNIQUE D’ANCRAGE PAR LA DANSE AFRICAINE

LA TECHNIQUE D’ANCRAGE PAR LA DANSE AFRICAINE

L’Ancrage est une méthode mise au point par ELIMA, à partir de la danse Africaine.
Cette méthode donne à l’individu les outils pour s’ancrer à l’intérieur de soi, pour une meilleure approche, une meilleure découverte, une meilleure connaissance de son être.

LES PILIERS

L’INNOCENCE :
L’innocence, c’est l’Âme de la joie.

LA SPONTANEITE :
La spontanéité, c’est l’innocence en mouvement.

LA SAGESSE :
C’est l’acceptation de ce que les choses sont ce qu’elles sont, de ses propres limites et ses qualités. C’est le dépassement de la lutte, des contradictions.

EQUILIBRE :
C’est l’établissement dans son Être.


LES OUTILS

LE MOUVEMENT :
- Coordination des pieds, jambes, mains, bras, tête.
- La latéralité
- Une suite chorégraphiée des pas de danse

LA CONSCIENCE :
Le mouvement doit être exécuté avec une pleine conscience. La pleine conscience donne de l’épaisseur et de la consistance à l’individu, et dans tout ce qu’il entreprend.

LA PRESENCE :
La pleine conscience nous amène dans un état de présence dans le mouvement, où l’individu vit le mouvement dans l’instant. Toute l’énergie est canalisée dans ce qu’il est en train de faire maintenant. Et de ce fait, il occupe l’espace et devient plus efficace. La présence donne ce qu’on appelle « la grâce du mouvement ».

LE SOUFFLE :
C’est l’âme du mouvement. Un mouvement qui est fait en pleine conscience, en harmonie avec la respiration (inspiration, expiration) nous installe dans la présence, et nous permet d’aller vers le ressenti.

LE RESSENTI :
Tout mouvement passe d’abord par la phase d’élaboration, qui est le domaine de l’âme, ensuite par la phase de l’exécution, qui est le domaine de l’esprit, et puis enfin par la phase du ressenti, qui est le domaine du corps. Le ressenti est la manière du corps de vivre un mouvement.


OBJECTIFS

OBJECTIF INDIVIDUEL :
La danse Africaine étant à priori une danse rituelle et thérapeutique, la pratique de celle-ci à partir de la méthode de l’Ancrage amène l’individu à se reconnecter avec lui-même et à se recentrer. Ceci l’amène à potentialiser toutes ses ressources et à mettre toute son énergie à la réalisation de son bien être et de ses objectifs individuels et professionnels. Par l’Ancrage, l’individu retrouve la spontanéité qui conduit à l’harmonisation et à la maîtrise de ses gestes et mouvements et actions. En plus de la détente, l’Ancrage installe la paix en soi, instrument majeur de la confiance en soi, et, de ce fait, permet de combattre le stress. Il aide l’individu à relativiser les évènements, d’où le détachement et une vision globale et large des choses. L’Ancrage permet de mieux appréhender l’espace et le temps, de mieux focaliser l’attention, et contribue à la joie de vivre.

OBJECTIF COLLECTIF :
L’Ancrage favorise la vie en collectivité, étant donné que la notion de vivre ensemble et le partage font partie intégrante de son enseignement. La danse Africaine à travers l’Ancrage aide l’individu à se repositionner au sein du groupe, à s’y sentir intégré et responsabilisé.
Elle l’amène à fédérer et à prendre des initiatives, à se dynamiser et à dynamiser les autres.

OBJECTIF ECONOMIQUE :
Une paix retrouvée, la joie de vivre pour soi et pour le groupe, sans stress, contribuent à une meilleure productivité, et à un meilleur rendement.

OBJECTIF CULTUREL ET PROMOTIONNEL :
La pratique de l’Ancrage permet une bonne compréhension de la culture Africaine et de la diversité de sa richesse. Ainsi, à travers l’Ancrage, l’Afrique apporte une de ses multiples connaissances dans la recherche du bien-être individuel et collectif sur l’échiquier mondial.

LA PRATIQUE

Dans la pratique, l’individu est invité à découvrir la vie à l’intérieur de son corps. Ce temple (NZOTO) lieu de connexion entre le matériel et l’immatériel, lieu où l’esprit (ELIMO) et l’âme (MOLIMO) convergent. Le ressenti est la base de l’enseignement. Ainsi, chaque mouvement exécuté est fait en conscience, et ressenti à l’intérieur de soi. Et de ce fait, on développe l’état de la présence.
Les séances durent 1h30, 3h, une journée (6h), ou un week-end (2x6h). La tenue vestimentaire est à l’appréciation de chacun, à la seule condition qu’elle ne soit pas ample, et encombrante. La pratique se fait pieds nus, afin d’être au contact de la terre (sol).


PUBLIC VISE
L’Ancrage est ouvert à toute catégorie de personnes : adultes, enfants, professionnels et non professionnels de la danse, etc. Il vise l’Etre. Il replace l’homme au centre de toutes les préoccupations et l’amène vers le MUNTU (l’homme dans sa véritable nature matérielle et immatérielle).

Pour connaître les dates et lieux des stages de cette Technique d'Ancrage, voir le chapitre: "Dates des cours de Technique d'Ancrage par la Danse Africaine".

Monday, October 30, 2006

L'Esprit est-il la seule réalité?

« L’esprit est la seule réalité ». Tel est le mot que m’a envoyé récemment un ami et frère. Que comprend-on par esprit ? L’Esprit, appelé Elimo[1] (Ce qui s’absorbe dans le Un) est une énergie créatrice. C’est avec elle que Celui Qui Est (Dieu) a crée tout ce qui existe matériellement et immatériellement. C’est grâce à cette énergie que tout se crée et se recrée. C’est elle qui pulse l’action. Peut-on pour autant dire que l’esprit soit la seule réalité ? L’homme est une création divine qui est appelée à vivre sur terre, tout comme les animaux, les végétaux, etc. Et l’expérience terrestre nécessite un outil qui va avec : le corps. Ainsi toute création sur terre est mue par une trinité : Ame, Esprit, Corps. L’Ame, « Molimo »[2] (Le Un qui s’absorbe dans le Un), qu’on appelle aussi le « double » est l’énergie de conception. Le Corps, « Nzoto »[3] (Notre Maison) qui est une énergie densifiée, est l’instrument sans lequel la vie dans la matérialité est impensable. Et l’esprit « Elimo »est l’énergie créatrice. Pour que cette trinité puisse fonctionner correctement, une autre énergie d’égale importance entre en jeu : l’Amour (« Bolingo »[4]). Bolingo (Amour) est l’énergie qui lie, qui unit, qui met ensemble. Sans cette énergie rien ne saurait rester compact. Nous sommes donc amenés à dire que la vie de l’homme, ou de toute création sur terre est régie par ces trois réalités : âme, esprit, et corps ; et que ces trois réalités sont unies par une quatrième réalité qui est l’amour. En somme, toutes ces réalités n’en sont qu’une : Le UN, Celui Qui Est, Dieu, Mozali. Et comme toutes ces réalités ne sont que des énergies, Dieu ne peut être rien d’autre qu’une énergie. Donc la vraie réalité est l’énergie. La création marche par pair. Ce qui est en bas, est comme ce qui est en haut. La réalité matérielle telle que nous la voyons et la vivons n’est qu’une réplique de la réalité immatérielle. L’immatériel est le jumeau aîné et mâle, le matériel est la jumelle cadette et femelle. Ceci ne veut pas dire que l’immatériel est plus important que le matériel. Loin de là. Ceci ne veut pas non plus dire que tout ce qui vient avant est obligatoirement masculin, et tout ce qui vient après est obligatoirement féminin. Prenons l’exemple de deux jumelles. Dans la compréhension Bantu, la première incarne la jumelle aînée et femelle, la suivante incarne le jumeau cadet et mâle. Sachons tout simplement que dans la création, l’immatériel précède le matériel. La pensée précède toujours la réalisation. Tout ce que tu es amené à produire, tu le portes déjà en toi. Et tout ce que tu réalises est la copie de ce qui est en toi.

[1] Elimo (Esprit) : voir MUKULU (ou « Le Discours de l’Ancêtre Africain ») aux éd. Publibook, p.228
[2] Molimo (Ame) : voir MUKULU p.25
[3] Nzoto (Corps) : voir MUKULU p.29
[4] Bolingo (Amour) : voir MUKULU p.39

Thursday, October 05, 2006

L'homme est-il programmé pour croire?

L’homme est-il programmé pour croire ?
Telle est la question qui m’a été posée dernièrement par un ami.
Croire, dans une des langues bantu, en lingala plus précisément, est traduit par Koyamba. Dans Koyamba, nous avons «Ya » et « Mba ». YA désigne « de », ou encore, en Kikongo (une autre langue Bantu), le chiffre « 4 ». Le 4 symbolise l’acte de gouverner, d’orienter, de présider. MBA, ou du moins BA, de son côté, représente le collectif, ou l’inconscient collectif. BA désigne aussi tous les états d’Etre divins, en l’homme. Par exemple l’innocence, la spontanéité, la joie, l’exemplarité, la responsabilité, etc.… Dans croire ( koyamba), si on retient de YA, le sens d’orienter, de diriger, et de BA, le sens de l’inconscient collectif, nous pouvons dire que « croire » ( koyamba ) induit une orientation collective.
Ce n’est pas l’individu (KA) qui sait, mais le collectif (BA).
A chaque fois qu’on utilise le verbe «croire », il plane toujours un sentiment de doute. On ne se réfère pas à ce qu’on sait, mais à une incertitude. En vérité, celui qui croit, ne sait pas. Il lui faut une assurance extérieure pour crédibiliser quelque chose ou une opinion qu’il pense connaître. Si tu t’appelles Paul, c’est un fait. Ce n’est pas une croyance, mais un savoir. Tu sais que tu t’appelles Paul.
Si tu attends que les circonstances, ou les autres (BA, le collectif) te certifient que tu t’appelles bien Paul, cela prouve qu’il y a vraiment en toi quelque chose qui ne tourne pas rond. Toutefois, il n’est pas malsain de croire par exemple qu’untel s’appelle Martin, ou qu’untel habite tel endroit. Ceci démontre tout simplement notre incertitude, ou notre ignorance. Et l’on n’a pas à être blâmé pour cela. C’est normal que les autres nous éclaircissent là-dessus. Une fois la lumière faite sur la question, le « croire » laisse logiquement la place au « savoir ». Si cela n’est pas le cas, c’est qu’il y a un malaise. Toutes les croyances massives ne tiennent la route que tant que la masse des individus (KA) qui constitue le collectif (BA) continue à les nourrir. Le changement ne vient jamais du collectif (BA), l’histoire nous l’a souvent démontré, mais part toujours de l’individu (KA). C’est l’individu qui est le détonateur du mouvement qui finit par entraîner le collectif.
Si l’homme est bien programmé pour quelque chose, alors il est programmé pour le « savoir ». Seul le « savoir » l’affranchit. On ne peut empêcher l’homme de croire. C’est ridicule. Il lui faut tout simplement prendre conscience que croire n’est et ne sera jamais le but. Il lui faut comprendre que « croire » n’est qu’un marchepied qui, en réalité, l’amène à son véritable but : LE SAVOIR. Il y a tout intérêt à amener l’homme au savoir, plutôt que le maintenir dans la croyance. Ceci devient même urgent. La vie s’ouvre à celui qui sait.

Sunday, October 01, 2006

De la Danse Africaine...

De la danse Africaine.

Parlons un peu de la danse Africaine, ou plutôt des danses Africaines. Car nous ne sommes pas sans savoir qu’il n’y a pas une, mais plusieurs danses Africaines.
En Afrique, la danse change en fonction des régions . Et, dans une même région, on peut distinguer toute une diversité de danses, même si on peut rencontrer une certaine similitude dans les mouvements. En particulier, les mouvements qui sollicitent la zone du bassin.
Une même trame cependant relie toutes ces danses : le sens et l’essence.
La danse Africaine est une thérapie. C’est la thérapie d’ancrage, comme j’aime bien la nommer. Cette thérapie d’ancrage permet l’ancrage dans la Terre, l’ancrage dans l’Etre. C’est l’acceptation du monde de la matière, en faisant de lui un allié plutôt qu’un ennemi, dans l’expérience de nous-mêmes.
Elaborons un peu. Prenons l’exemple de ZEBOLA, rythme et danse de la région de l’équateur en RDC. Dans ce mot, nous avons le ZE, diminutif de ZEZE, qui explique l’état de quelqu’un qui a perdu la tête, qui a perdu la raison ; le BO qui désigne le collectif ; le LA, qui est la voie, la justesse. ZEBOLA est donc une thérapie qui permet collectivement ( BO ), de faire revenir quelqu’un qui n’est plus dans son état d’être ( ZEZE ), dans sa voie, dans sa justesse ( LA ). Car, comme on le sait, un corps malade, est un corps qui n’est plus dans son axe. C’est un corps déséquilibré. Ainsi, tous les mouvements de danse et de chant qui sont exécutés lors d’une cérémonie de ZEBOLA, font partie intégrante du rituel qui accompagne la guérison. Il en est de même pour la danse des jumeaux ( Mapasa), de la danse de la pêche ( qui symbolise la quête de notre être intérieur), de la danse de la cueillette ( qui symbolise la reconnaissance et l’affirmation de nos qualités intérieures). Tourner le bassin (mouvement de cercle), c’est proclamer le UN en soi, et son unité avec le créé et l’incréé ; faire le mouvement qui indique l’infini avec le bassin, c’est proclamer son infinité et son immortalité, etc…
Tout ceci devrait être fait avec conscience, et avec l’omniprésence de la grande énergie qui lie tout. Elle s’appelle Amour (BOLINGO : qui vient du verbe KOLINGA, dont la traduction en Français est le verbe LIER)
La matière cohabite avec le spirituel. Ce ne sont pas deux mondes qui s’affrontent, mais deux mondes qui coopèrent. L’un ne va pas sans l’autre.
Je disais que les mouvements du bassin ou des hanches sont les mouvements que l’on rencontre souvent dans les danses africaines. Ceci n’est pas un acte fortuit. Sachez que dans cette zone se trouvent notre créativité et notre ancrage dans la matière, dans la terre. Quand on sollicite cette zone en dansant, c’est toute notre créativité que l’on stimule. La pulsion du mouvement du bassin part d’un point juste en bas du nombril, jusqu’au coccyx. Le coccyx joue un rôle important dans le mouvement du bassin. C’est l’équerre. Quand on tourne le bassin, la pulsion part bien sûr en bas du nombril, mais c’est le coccyx qui oriente le mouvement, et l’exécute. Au niveau du coccyx se logent notre spontanéité, notre innocence, notre équilibre, et notre sagesse. A voir comment une personne utilise son bassin, on peut savoir où il en est avec lui-même, avec son intériorité, avec son humanité. La zone du bassin est une zone très sensible émotionnellement. Etre bien dans son bassin, c’est être bien dans son rapport créateur dans la matérialité, c’est affirmer consciemment le rôle le plus important de notre mission terrestre, celui de spiritualiser la matière.